Esclavage des Roumaines en Sicile: „A part la mer et le travail, il n’y a rien. Juste la volonté du patron”/Romance sclave in Sicilia: „In afara de mare si munca, nu mai era nimic altceva. Doar bunul plac al patronului”

58cbad23cd705cd98dfe7457Lorsque Silvia Dumitrache a émigré en Italie, à Milan, il y a six ans, elle a pris connaissance des conditions de travail pénibles de certaines Roumaines dans le pays (Découvrez notre reportage). „J’ai constaté avec surprise qu’aucune association n’est dédiée à ces femmes. J’ai donc décidé d’agir, à mon niveau de simple citoyenne”, explique-t-elle. C’est ainsi qu’est née, en 2011, l’Association des femmes roumaines d’Italie (Adri) qui a tiré depuis longtemps la sonnette d’alarme face aux abus que subissent ces travailleuses.

Récemment, le „Guardian” a publié une enquête au sujet des Roumaines qui travaillent dans les serres de Vittoria, dans la province sicilienne de Raguse. Etiez-vous déjà au courant de leur situation ?

Oui, je suis déjà allée à leur rencontre pour découvrir leur vie, leurs conditions de travail. Les personnes qui travaillent dans les serres de Sicile sont totalement isolées. A part leur équipe et leur patron, il n’y a pas un seul autre être humain à 20 ou 30km à la ronde. A part la mer et les cellophanes qui couvrent les serres, il n’y a rien. Juste la volonté du patron. En plus, la Sicile est une autre Italie, disons. C’est une sorte d’Etat dans un autre Etat, qui a ses propres règles et où le crime organisé joue un rôle important. Beaucoup de Roumains qui se retrouvent dans cette région partent d’ailleurs à travers ce type de filières. Evidemment, les agences qui les placent dans ces lieux de travail ne sont donc pas des plus honnêtes.

Malheureusement, les Roumains en général ne sont pas informés, ils ne sont pas conscients des situations auxquelles ils s’exposent en ne respectant pas certaines règles. Parmi ceux qui demandent notre aide, beaucoup n’ont pas de contrat de travail ou toutes leurs heures ne sont pas déclarées, et on ne leur paye pas le salaire promis, par exemple.

Une fois en Italie, ils se retrouvent piégés. Si l’un ose dénoncer quoi que ce soit, l’alarme est lancée dans toute la zone et il ne trouvera plus de travail nullepart.

Est-ce que les travailleuses retournent en Roumanie une fois qu’elles sont soumises à l’exploitation sexuelle et physique ?

Généralement, non. D’abord, parce qu’elles n’ont pas d’argent pour retourner. Ensuite parce qu’elles éprouvent de la honte face à leurs voisins, à leur village. Elles devraient faire face à des questions du genre : „tu es partie et tu es revenue sans rien, pourquoi?”. Vous savez, lorsque vous revenez, après un bonjour, la première chose qu’on vous demande c’est “avec combien d’argent es-tu rentré”. C’est culturel. Et puis, elles se sentent aussi coupables d’une certaine façon. Donc si c’est pour retourner pour ensuite revenir en Italie afin de gagner à nouveau de l’argent, elles ne voient pas l’intérêt. Elles sont donc assez désespérées et font des compromis de plus en plus grands.

Les autorités italiennes agissent-elles pour lutter contre ces abus ?

Je dois souligner que les médias italiens nous accordent beaucoup de soutien et de visibilité. Et ce même si nous dénonçons le fait que l’Etat italien ne fait pas son devoir à l’égard des citoyens qui travaillent sur son territoire. Les carabinieri se sont aussi saisis de l’affaire, ils ont déjà fait des descentes dans les serres de Ragusa. Mais ce sont des propriétés privées. Donc ils ont besoin d’un mandat pour y pénétrer. Or pour avoir un mandat, il faut une plainte et des preuves. Or les Roumains ne dénoncent pas.

Quid des autorités roumaines ?

Rien. Alors que je me suis battue pour les informer. Je suis allée en Roumanie, je me suis présentée plusieurs fois devant des secrétaires d’Etat ou des ministres. Personne n’a réagi aux communiqués expliquant nos actions ou à nos demandes de recevoir un soutien.

Une délégation roumaine est toutefois arrivée ce mercredi en Italie pour vérifier ces informations…

En effet. Mais les autorités roumaines se trouvant en Italie sont au courant de cette situation depuis des années. En 2008, les premières informations à ce sujet ont commencé à apparaître. Deux journalistes ont publié un livre intitulé “Voi li chiamate clandestini” en 2010. Et la polémique a explosé en Italie. A partir de là, le problème a commencé à être bien connu. En 2014, ProTV, une télévision roumaine, a diffusé des documentaires sur la question. Quand une femme raconte à la télévision que son patron a fait du chantage à son mari, en lui disant que toute l’équipe ne recevra pas le salaire s’il n’accepte pas qu’elle soit exploitée sexuellement, cela devrait suffire pour faire bouger les autorités. Celles-ci auraient dû considérer ces témoignages comme une dénonciation.

Paradoxalement, c’est en 2007 que la Roumanie est entrée dans l’UE. Cela n’a-t-il pas amélioré le sort des travailleurs roumains? 

Mais c’est justement ça qui a empiré les choses. Avant 2007, les Roumains avaient besoin de documents pour travailler en Italie. Ils laissaient donc une trace de leur passage sur le territoire. Mais depuis que la Roumanie fait partie de l’Union, ils peuvent rentrer en Italie et ne jamais en sortir sans que personne ne le sache. Voilà qui facilite les abus. En plus, comme beaucoup de Roumains sont venus d’un coup après 2007, automatiquement, la demande de travail a augmenté et donc cela a fait baisser les salaires. A Raguse, certains avaient mené une lutte syndicale avec les patrons des serres pour arriver à un salaire de 40 ou 50 euros par jour. Donc ils sont fâchés contre ces Roumains qui ont dérégularisé le marché de l’emploi, en acceptant même 20 euros de salaire par jour, par désespoir, par besoin, et par manque d’estime de soi.

Tout ça pour dire qu’on a ouvert les portes de la libre circulation à la Roumanie, mais cela n’a pas été accompagné d’une législation qui protège ses citoyens.

Il y a des débats aujourd’hui au sujet des travailleurs détachés…

Oui, mais qui se soucie vraiment des conditions dans lesquelles ces travailleurs se trouvent? J’entends des discours qui n’évoquent que des chiffres, mais jamais des vies, des personnes. A la limite, on parle d’individus, mais jamais des familles qui sont brisées, des enfants dont les parents travaillent à des milliers de kilomètres dans des conditions atroces.

ENTRETIEN MARIA UDRESCU Publié le vendredi 17 mars 2017 à 10h29 – Mis à jour le vendredi 17 mars 2017 à 12h08 @La Libre.be

Romance sclave in Sicilia: „In afara de mare si munca, nu mai era nimic altceva.

Doar bunul plac al patronului”

Silvia Dumitrache a ajuns în Milano în urmă cu 14 ani si a descoperit, datorita unui documentar difuzat pe RAI3, in ce conditii muncesc româncele emigrate in Italia. „Am fost surprisa sa vad ca nici o asociatie nu este dedicata acestor femei. Așa că am decis să fac ceva, la nivelul meu de simplu cetățean”. Astfel s-a născut, în 2011, Asociația Femeilor Romance din Italia (ADRI) , care incearca sa lupte impotriva abuzurilor la care sunt supuse romancele.

Recent, „The Guardian” a publicat un studiu despre româncele care lucrează în serele din Vittoria, în provincia siciliana Ragusa. Erati deja la cunostinta cu situația lor?

Da, am fost acolo sa vad ce viata duc, in ce conditii lucreaza. Stim de mult timp despre aceste abuzuri. Persoanele care lucrează în serele din Sicilia sunt complet izolate, la 20 sau 30 km de un centru urban. În afară de mare și de celofanul care acoperă serele, nu există nimic. Doar voința șefului. În plus, Sicilia este o alta Italia, sa zicem. Este un stat în alt stat, care are propriile sale reguli și unde crima organizată este la ea acasa. Mulți români care se află în această regiune au ajuns acolo prin astfel de organizatii.  Din păcate, românii, în general, nu sunt informați, nu sunt conștienți de riscurile la care se expun daca nu respectă anumite reguli. Printre cei care caută ajutorul nostru, mulți nu au un contract de muncă sau toate orele lor nu sunt declarate si nu isi mai primesc salariul, de exemplu.

Odată ajunsi în Italia, sunt ca prinsi intr-o capcana. Dacă cineva îndrăznește să denunțe ceva, se da alarma în întreaga zonă și nu mai găsesc de lucru nicăieri.

O data ce se confrunta cu aceste abuzuri se intorc in România?

In general, nu. În primul rând, pentru că nu au bani să se întoarcă. Apoi, pentru că le e rușine fata de vecinii lor, de satul lor. Toata lumea ar intreba: „Ai plecat și te-ai întors cu nimic, de ce?”. Cand te intorci, dupa un „Buna ziua”, prima intreba este: „Cu cati bani te-ai întors?”  Așa incat, dacă e să se întoarcă in tara ca sa revina din nou în Italia pentru a câștiga bani, nu văd rostul. Prin urmare, romancele sunt destul de disperate și fac compromisuri din ce in ce mai mari.

Autoritățile italiene lupta împotriva acestor abuzuri?

Trebuie să subliniez faptul că presa italiană ne oferă mult sprijin și vizibilitate. Chiar dacă denunțăm faptul că statul italian nu isi face datoria fata de cetățenii care lucrează pe teritoriul său. Carabinierii au incercat sa mearga in serele din Ragusa. Dar acestea sunt proprietăți private si este necesar un mandat pentru a intra. Si, pentru a avea un mandat, e nevoie de o plângere și de probe, iar romanii nu denunta.

Dar autoritățile române?

Nimic. Absolut nimic. Le-am trimis informatii, am avut intalniri cu reprezentanti ai autoritatilor romane, dar nimeni nu a reacționat la comunicatele noastre sau la solicitarile noastre de colaborare.

O delegație română a sosit totusi miercuri, în Italia, pentru a verifica aceste informații…

Într-adevăr. Dar autoritățile române din Italia sunt conștiente de această situație de ani de zile. În anul 2008, primele informații cu privire la aceasta problema au început să apară. Doi jurnaliști au publicat, in 2010, cartea „Voi gli chiamate clandestini”, in 2014, ProTV a difuzat o serie de documentare pe această temă. Atunci când o femeie spune la televizor că șeful l-a santajat pe soțul ei, spunându-i că echipa nu va primi salariul dacă el nu acceptă ca ea să fie exploatata sexual, autoritățile ar fi trebuit sa reactioneze. Ar fi trebuit sa considere aceste mărturii ca un denunț.

Romania a intrat in UE în 2007. Asta nu a imbunatatit conditiile de munca pentru romanii din afara?

Înainte de 2007, românii aveau nevoie de documente pentru a lucra în Italia, erau reperibili pentru ca aveau nevoie de acte, dar dupa intrarea Romaniei in UE, conditiile de calatorie si sedere s-au schimbat si nu intotdeauna romanii respecta si regulile statului italian, facilitand abuzul. În plus, odata cu intrarea Romaniei in UE dupa 2007, numarul romanilor in cautare de lucru a crescut, iar tarifele in munca agricola au scazut brusc. In Ragusa, dupa o intensa munca sindicala cu patronii de sere, marocanii obtinusera un salariu de 40 sau 50 de euro pe zi. Au aparut romanii care au acceptat sa fie platiti, chiar si fara contract, cu 20 de euro pe zi, din disperare, de nevoie. S-au deschis porțile libertății de circulație pentru România, dar acest lucru nu a fost însoțit de o legislație europeana care să protejeze cetățenii săi.

Există discuții acum despre lucrătorii detașați …

Da, dar cui îi pasă cu adevărat de condițiile în care lucreaza acesti oameni? Am auzit discursuri care se referă doar la numere, nu la oameni. In cel mai bun caz, se discuta despre indivizi, dar niciodată de familiile care sunt destramate, de copiii ai căror părinți lucrează la mii de kilometri în condiții atroce.

Maria UDRESCU @La Libre.be

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